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Les aventures de Marie Margault

J'ai reçu il y a quelques temps des textes d'une jeune aventurière urbaine, Marie Margault qui a eu envie d'écrire, sous une forme humoristique quelques unes de ses aventures....
Je trouve que notre lieu de rencontre ici est parfait pour la publier ;-)
Vos commentaires seront les bienvenus

Mais non, je ne rêve pas. Mon désir s'est vraiment transformé en réalité. Un léger casque à pointe à l'envers du à une soirée amicale fêtée dans les règles de l'art, valises et nombreux sacs de Pitt bouclés, nous prenons la route, direction l'Espagne. C'est la première fois que je traverse ce pays de part et part pourtant si proche de la maison et si différent à peine la frontière franchie. J'ai toujours été fascinée par cette notion de frontière. Il suffit de quelques kilomètres, voire de quelques mètres pour que les sons, les odeurs et les ressentis ne soient plus les mêmes. Maintenant que la frontière espagnole n'existe plus, je suis encore plus frappée patr cet aspect.
Nous avons roulé 10h d'affilée, Pitt ayant assuré la plus grande partie mais j'ai quand même tenu le coup pendant 3H. J'appréhendais de prendre en main ce gros 4X4 qui, pour l'occasion, n'avait plus de compteur. Respectueuse des règles de conduite en tout genre, comment vais-je réguler ma vitesse dis-je à Pitt. T'inquiète pas, reste entre 3200 et 3400 tours. Ce sera bon. Après un bref calcul, je pense que j'ai du faire du 180 de moyenne.....
Plus nous descendons et plus la température monte. L'air est humide et le vent souffle fort.
Chaque kilomètre que je parcours me rapproche un peu plus de la réalité de notre aventure : faire la reconnnaissance du prochain Raid Aventure.
Fort, ça va être très fort.
Ca y est, nous sommes au Maroc. En quelques minutes, le même symptôme d'étonnement du syndrome de la frontière fait son effet. Le Maroc est vraiment un pays à part.

14H de voitures en deux jours, j'ai eu le temps de voir les prairies se déssécher, les voitures se transformer en ânes, les deux voies de la route avec une ligne blanche se transformer en un concert de klaxonne et autoroute à 4 voies alors que la largeur de la route n'avait pas changé.
Ma mission est d’affiner le road book. Feuille de papier placée sur un support rigide, comme les fiches des commissaires de course en formule 1, sûrement ailleurs aussi mais c’est à cela que ça me fait penser. L’ordinateur de bord me donne le kilométrage au mètre près et je dois, à chaque croisement, noter le kilomètre, faire un schéma avec des codes bien précis et noter les commentaires.
Et moi qui n’aime pas lire en voiture, j’ai cru la première heure que j’allais être malade. Pitt m’a trouvé bien calme mais c’est vrai que je ne me sentais pas très bien.

Un petit écart sur le goudron à droite, un dépassement moyennement prudent, un troupeau de mouton qui déboule, bref, la routine.

Pitt s’inquiète de n’avoir qu’une roue de secours pour notre entrée sur les pistes le lendemain. Si on reste en rade, il faudra rejoindre le premier village à pied….gloups ! !

Mais c’est dans un village à deux croisements que patatra, un gros bruit se produit accompagné d’un choc qui nous secoue à peine.

On s’est fait emplatrer par un camion qui s’empresse de déguerpir…. Les notions d’assurance étant on ne peut plus aléatoires au Maroc. Pitt descend et constate que le chauffard de chauffeur a embouti le côté gauche de la voiture et déchiqueté le pneu.
Ben voilà, on était inquiets de n’avoir qu’une roue de secours. Maintenant c’est plus cool, on n’en a plus du tout!!!
En 2 secondes, un nuage d’autochtones masculin s’est scotché sur la voiture, épiant ce pauvre blanbec avec sa bagnole emboutie et matant la zézette en short calée dans son fauteuil sans une envie folle d’en sortir.
Mais je meurs d’envie de faire pipi et super Pitt a coupé le moteur, donc plus de clim. Zézette ne tient plus et sort de son carrosse transformé en citrouille sur crick. J’aurais aimé avoir une djellabah ou un pantalon et un col roulé. Mais loupé, je suis en short avec un t-shirt sans manche, aventurière urbaine quoi.

La petite plaisanterie dure une heure et nous voilà repartis, un peu chauds mais morts de rire l’un et l’autre. Le plus drôle est que c’est la première fois que ça arrive à Pitt en 15 ans de Maroc.

Et oui Pitt, il y a toujours une première fois avec moi….

Posted on décembre 7, 2003 in En vrac | Permalink | Comments (0) | TrackBack